Financement d’une Start-Up Partie 1 : Généralité

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Laurent_Chojnowski-Entrepreneur_Innovant_0086Bonjour à tous,

Voici un post qui concerne le financement des start-up. Mon but n’est pas de me mettre à la place d’experts qui en savent bien plus que moi à ce sujet. Ma contribution se veut plus modeste. Je souhaite apporter le point de vue de l’intérieur, de celui qui a vécu la création des entreprises et des start-up.

L’approche sous forme d’entretient me parait pour le moment bien adapté à cet exercice d’écriture. Cela rend le sujet plus vivant et moins professoral.

J’ai donc commencé par écrire les échanges entre mes deux interlocuteurs virtuels. Rapidement, je me suis rendu compte que le post allait être conséquent. Je l’ai alors divisé en plusieurs parties :

  • Nous allons, ici, parler de généralités sur le financement d’une start-up.
  • Puis un deuxième post évoquera l’impact du choix du statut juridique de la start-up.
  • Un troisième volet traitera de la mise en place du capital de l’entreprise.
  • Un dernier post présentera les aides et subventions. Celui-ci sera probablement un premier jet car ce sujet est dense et riche en information.

Je vous laisse donc en compagnie de mes deux amis virtuels qui vont dans cette première partie vous présenter des généralités sur le thème du financement des sociétés et des start-up.

Ce post est aussi disponible en podcast.

Je vous souhaite une bonne lecture ou une bonne écoute.

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Céline

Bonjour Laurent.

Aujourd’hui, vous allez nous parler du financement des start-up.

Laurent

Bonjour Céline.

Ce post concerne le financement des entreprises innovantes, et des start-up.

Pour aborder ce sujet, je vous propose de commencer avec une présentation générale du financement des sociétés en création, et en particulier, liées à l’innovation !…

Céline

En quoi ce post va-t-il se différencier de ce que chacun peut trouver en ligne sur les entreprises innovantes?

Laurent

On trouve tout sur Internet. Il n’est pas difficile, de trouver des sites qui parlent des sociétés innovantes et des start-up. Internet fourmille de sites institutionnels à ce sujet. Seulement, il y a une grande différence, entre la théorie et la pratique. Je l’ai observé durant mon parcours professionnel.

On a besoin d’être guidé. On veut éviter les méandres du système. Les professionnels de ces questions ne vous informent pas toujours des risques que l’on prend. Ils sont dans la position des conseilleurs, mais pas dans celle des payeurs.

Mon approche est différente. Je vais m’appuyer sur mon expérience en tant qu’entrepreneur innovant. Ainsi que je vais tenter de présenter un point de vue qui parle de vécu et pas de théorie.

Céline

Pouvez-vous nous raconter une anecdote qui montrerait la différence entre la théorie et la pratique en tant que porteur de projet innovant ?

Laurent

Bien sur.

En 2007, j’ai démarré un nouveau projet de Web marketing. Je n’en étais pas à mon coup d’essai et j’avais une bonne vision du processus de la création d’un projet innovant. Du moins, je le pensais. L’aspect théorique me paraissait clair. Je voyais clairement ce qu’il fallait mettre en place.

Pour compléter le financement de mon projet j’avais pris contact avec Oséo. Pour ceux qui ne connaissent pas Oséo, je vous invite à voir la page des définitions de mon blog. En deux mots, c’est l’organisme public qui fédère un certain nombre d’aides et de subventions accordées aux entreprises innovantes. On en parle régulièrement dans les informations économiques. Il est doté de plusieurs milliards d’euros pour soutenir l’économie française liée à l’innovation. Nous en reparlerons longuement.

Céline

Que c’est ‘il donc passé avec Oséo ?

Laurent

J’ai eu donc une sacrée déconvenue, lors du premier échange téléphonique que j’ai eu avec le chargé d’affaire qui s’est occupé de mon projet chez Oséo. Après quelques questions de présentation du projet, il a été catégorique et assez virulent à mon égard. Il me disait en substance: « Arrêtez tout. Stoppez votre projet. Ne mettez plus un sou dedans. Vous allez vous plantez. Vous n’êtes pas prêt.» Je peux vous dire que cela fait froid dans le dos, alors que vous vous investissez totalement dans votre projet.

Céline

On ne s’attend pas à ce genre de remarque de la part d’un institutionnel.

Laurent

Avec le recul, je sais que ce chargé d’affaire savait de quoi il parlait. Il m’expliquait, que trop de projets qui veulent se lancer n’aboutissent pas et ne dépassent pas un an d’existence. C’est le parcours du combattant qui attend les porteurs de projet. Je me suis accroché et j’ai persévéré. Ainsi, il m’a permis de me cadrer. J’ai fait ce qu’il attendait de moi dont entre autre une étude de marché, un business plan, des tableaux de financement, etc. Au final, j’ai obtenu des aides et des subventions de la part d’OSEO.

Céline

En règle générale, à quoi va servir le financement dans la phase de création d’une entreprise ?

Laurent

Je n’inventerai rien en disant que lancer une nouvelle activité professionnelle nécessite des ressources financières. Il faut une mise de fond suffisante pour que le projet soit pris au sérieux par des partenaires et pour qu’il survive à la phase de démarrage.

C’est simple, tout coute. Il faut acheter du matériel, des machines, des logiciels, des droits d’exploitation. Il faut penser aux financements des salaires des collaborateurs et aux charges induites. Par exemple, en tant que gérant, vous n’avez pas encore commencé à gagner de l’argent que vous commencer à payer des charges, à moins d’avoir obtenue une exonération de charge (accord ACCRE).

Céline

Il ne faut pas oublier les frais induits par les prestations de service.

Laurent

Il ne faut pas oublier le coût des services : inscription de l’entreprise au registre du commerce, l’expert comptable, l’avocat d’affaire, les services, la conception et la production produits, le marketing, la création d’un site internet, les PLV, les cartes de visites, et ainsi de suite… Et n’oubliez pas les frais de déplacement avec l’essence, l’entretient de la voiture, les assurances, les hôtels…

Il n’y a qu’une seule chose qui ne coute rien : votre temps.

Céline

A vous entendre, on est mort avant d’avoir démarré.

Laurent

C’est ce que voulait me faire comprendre le chargé d’affaire d’Oséo.

Mais heureusement, on n’écoute pas toujours les avis bien intentionnés. On se lance, et on réfléchit après.

De toute façon, tant qu’on n’a pas fait l’expérience soi même, on ne saura pas ce qu’un projet peut donner. Le risque zéro n’existe pas.

Céline

Vous voulez dire que tant qu’on n’a pas été confronté à la réalité, on aura beau lire des revues, des articles sur le sujet, assister à des conférences ou encore lire les lignes de ce blog et écouter ce podcast, on ne saura pas vraiment ce que c’est de créer une entreprise.

Laurent

Oui. C’est exactement cela. Et il faut croire que cela ne déroute pas les gens, puisque plus de 600000 sociétés de tous types ont été créées en 2010. Vous pouvez consulter un PDF des statistiques sur la création d’entreprise sur le site de l’APCE ( http://media.apce.com/file/19/2/stat_france.40192.pdf ). Depuis 2006, le nombre de nouvelles immatriculations au registre du commerce et des chambres de métier a été plus que doublé. Cela montre le besoin des gens de créer leur propre activité.Le nouveau statu d’auto-entrepreneur et la crise y sont certainement pour quelque chose.

Céline

Si on se focalise sur le créateur d’une société High Tec. Est-ce que la problématique est différente?

Laurent

Oui d’une certaine manière. Cela change Plusieurs choses.

Dans le cas qui nous intéresse, le porteur de projet a fait des études supérieures. Du moins logiquement. Il a donc un esprit d’analyse, et il devrait être donc plus ouvert aux problématiques de création d’entreprise.

De plus, les projets High Tech intéressent particulièrement les investisseurs par ce qu’ils ont des potentiels de croissance élevé. Comme je l’ai déjà évoqué, Les start-up bénéficient aussi d’un grand nombre d’aides et de structures d’accueil adaptées à la création d’entreprise. Il existe un tas d’organismes publics qui dispensent des ressources d’aide à la gestion de ces entreprises innovantes, à leur hébergement et leur financement. Elles peuvent donc contribuer au financement de ces entreprises ou encore à les aider à démarrer en réduisant les couts de structure.

Céline

Vous dites donc qu’il existe deux modes de financement : soit en apportant du capital, soit en économisant des ressources en s’appuyant sur les aides publics et autres subventions ?

Laurent

Oui. C’est exact.

Au démarrage, il faut disposer d’un minimum de ressources financières, soit avec ses économies, celles d’associés, d’amis ou de vos proches qui sont prêt à vous donner un cout de main. Vous pouvez ensuite solliciter des investisseurs en dehors de votre entourage immédiat. Ce deuxième type de partenaires financier est plus dur à convaincre puisqu’il faut monter des dossiers très solides avec un business plan, une étude de marché, un prévisionnel… A ce stade, il faut être bon techniquement, savoir monter un dossier de financement et être un bon orateur pour convaincre. Il faut savoir qu’il y aura beaucoup de projets candidats et peu d’élus.

Céline

Vous parliez précédemment d’une autre approche pour financer son projet en économisant des ressources.

Laurent

Oui en vous appuyant sur les structures d’aides à la création d’entreprise qui ont prouvées leur efficacité. Par exemple, les pépinières ou incubateurs d’entreprises sont intégrés dans des pôles technologiques, mettant à disposition des porteurs de projets, des bureaux avec une mutualisation des services. Cela aide les start-up a se focaliser sur leur cœur de métier. Il existe des dizaines de structure de ce genre réparties sur l’ensemble du territoire. Je ferai un post sur ce thème important.

Céline

En résumé, les start-up peuvent aussi s’appuyer sur des infrastructures d’aide à la création d’entreprise.

Laurent

Je voudrai évoquer un autre point fondamental dans la constitution du capital d’une Start-up. C’est le temps que le porteur de projet investit sur sa technologique. Ce n’est pas quantifiable, d’un point de vue financier, dans cette phase du projet. Mais ce sera le cœur de la valorisation lorsque la start-up deviendra mature. C’est donc du capital en devenir.

Céline

Cet investissement technologique peut-il être comptabilisé dans le capital de l’entreprise ?

Laurent

Oui. Le processus de prise en compte, dans le capital, de la technologie, n’est pas simple. Et ce n’est pas sans risque. Il va falloir donner une valeur financière à l’apport technologique. On peut faire soit même cette évaluation ou passer par l’intermédiaire d’un commissaire aux apports dont c’est le métier. Il pourra être très utile d’apporter des éléments de preuve sur le développement de la technologie comme des fiches de temps, des factures ou d’autres justificatifs qui prouvent que la technologie vous appartient. C’est un apport en nature immatériel au capital de l’entreprise. Il faut donc être très rigoureux. Les services publics peuvent être très pointilleux sur ce point.

Céline

Pourtant on parle ici du fond de commerce de l’activité de la start-up.

Laurent

Le cas d’une start-up en création est très particulier. Mon point de vue est qu’il faut bien réfléchir avant d’apporter à l’actif du capital, et ce dès la création de la société, la valorisation de la technologie. Si le projet s’arrête, le porteur de projet reste le propriétaire de la technologie. Si le projet se développe, la valorisation peut être alors prise en compte dans un tour de table dans le cadre d’une augmentation de capital. La valorisation sera plus favorable. Par exemple, il est plus facile de faire une bonne valorisation de la technologie initiale si la start-up se porte bien. Ce serait en quelque sorte une prime au succès.

Un point à ne pas oublié : La R&D n’a une valeur financière qu’à la condition qu’une tierce personne est prête à payer pour elle. C’est comme la valorisation d’un kilo de pomme de terre. Si personne ne l’achète, c’est que soit sa valeur est mal évaluée, soit que l’intérêt de se l’approprier est nul. Voila encore un autre sujet de post.

Céline

Bien.

Sur cette analyse très profonde du kilo de pomme de terre, nous allons en resté là pour cette première partie sur le financement des entreprises High Tech.

De quoi parlerons-nous dans la suite de cet article ?

Laurent

Nous évoquerons le statut des entreprises. Et nous verrons dans quelles mesures, cela peut impacter les besoins de financement d’une start-up.

Céline

Merci pour cet échange. Et j’espère que nos lecteurs et nos auditeurs n’hésiteront pas à laisser leurs commentaires.

Merci Laurent

Laurent

Merci Céline et à vous tous.

A bientôt pour la suite de cet entretient.

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Proverbes que me suggère le sujet de l’article :

o Les conseilleurs ne sont pas les payeurs : En matière de financement, vous rencontrerez un grand nombre de gens prêt à vous conseiller moyennant finance ou pas à vous donner des directives ou des conseils même vous n’en avez pas demandé. Mais personne n’est à votre place pour prendre les bonnes décisions.

o Aides toi, le ciel t’aidera: N’attendez pas des autres qu’ils vous aident seulement sur la base de votre bonne foie ou parce que vous leur aurez demandé. Montrer que vous mériter leur confiance par votre engagement, votre professionnalisme et votre capacité à fédérer autour de votre projet.

o C’est en forgeant qu’on devient forgeron (ou encore : Tant qu’on n’a pas mis les doigts dans une prise électrique, on ne sait pas ce que c’est que de prendre le jus). On aura beau suivre tous les conseilles, il faut s’engager pour comprendre ce que c’est de créer une entreprise. Bien sur il faut du bon sens. Mais la pratique est indispensable. On apprend sur le terrain.

Sources

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